LE QUARTIER SUD-EST
Le quartier Sud-Est est compris entre la rue Saint-Fuscien à l’ouest, le boulevard de Bapaume au sud, tandis qu’à l’est, il longe la rue de la 3ᵉ DI et, à partir du nouveau cimetière St Acheul, la rue de Cagny. Au sud de la rue Jean-Marc Laurent, il s’étend jusqu’à la lisière des champs.
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L’habitat y est constitué essentiellement de logements collectifs et de zones pavillonnaires. Seules, les rues de la 3ème DI et la rue de Cagny sont bordées d’amiénoises. Les ensembles Pierre Rollin, Condorcet et Phileas Lebesgue sont inscrits comme Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV). Dans ce cadre, Condorcet-Phileas Lebesgue bénéficie de la création de nouveaux locaux pour le centre social CAPS, en construction rue Phileas Lebesgue. Ces nouveaux locaux permettront au public d’être mieux accueilli et aux salariés de l’association de bénéficier de meilleures conditions de travail.
Le quartier Pierre Rollin bénéficie, depuis 2016, d’un programme de rénovation de près de 40 millions d’euros. Il porte sur l’habitat, les espaces publics, les commerces et les équipements. Les travaux ont véritablement commencé début 2025 et devraient durer une petite dizaine d’années.
Ces ensembles de logements collectifs, auxquels on peut ajouter le Parc du midi rue d’Aix et la Cité Fleury boulevard de Bapaume représentent près de 50% de la population du quartier Sud-Est.
▶︎ La rénovation du quartier Pierre rollin
La rénovation du quartier Pierre Rollin est un programme de l’ANRU – Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine. Le chantier, piloté par le cabinet d’architectes MAP, entend reverdir l’ensemble des bâtiments et le remettre au niveau du sol afin de recréer une vie de quartier.
Un nouveau supermarché sera construit le long de la rue Pierre Rollin ainsi qu’une nouvelle mairie de quartier et un centre commercial. Ce dernier accueillera en priorité les commerçants actuels du quartier. La dalle sur laquelle repose l’actuel supermarché et les locaux des commerces sera détruite ainsi que deux batiments de 48 logements, permettant la création de la nouvelle place. Les travaux ont commencé en 2024 et s’étaleront jusqu’en 2030.
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Le quartier Rollin présente plusieurs particularités : il est situé de part et d’autre d’une rue piétonne, l’allée des rencontres, les parcs de stationnement sont à l’extérieur des immeubles, et la seule rue qui le traverse, la rue du 8 mai, passe sous le quartier. Il est aussi géré par trois bailleurs sociaux : AMSOM Habitat, qui est un Office Public de l’Habitat (OPH), CLESENCE, lequel est une Entreprise Sociale de l’Habitat et “3F Notre Logis” qui gère les immeubles de la rue du Cabaret de la belle femme.
Au centre du quartier sont situés des commerces : un supermarché, une pharmacie, deux boulangeries, un coiffeur, un opticien, un laboratoire médical, un boucher halal, un café, une banque et un bureau de poste. Depuis la construction du quartier, ces commerces et deux immeubles situés près du centre culturel Jacques Tati sont situés sur une “dalle” qui surplombe la rue du 8 mai. Derrière Jacques Tati, la mairie du secteur Sud ainsi qu’une antenne du conseil départemental accueillent les demandes de démarches administratives.
De fait, les habitants peuvent faire l’essentiel de leurs courses sans avoir besoin de prendre de voiture et les enfants peuvent traverser ce centre commercial sans risque d’accident.
Évolution du périmètre Pierre Rollin :
2015 – https://sig.ville.gouv.fr/territoire/QP080002
2024 – https://sig.ville.gouv.fr/territoire/QN08002M
Le Comité de quartier et la rénovation de Rollin :
La rue du 8 mai sera, selon la municipalité et le cabinet d’architecte, “apaisée”, c’est-à-dire qu’elle sera limitée à 30 km/h et que des obstacles obligeront les voitures à ralentir.
Pour le Comité de quartier, le principal atout du quartier Rollin est en son caractère piétonnier, il est nécessaire de le conserver. En ce sens, son Conseil d’administration a voté le XX XXXXX 202X, la nécessité de faire en sorte que la rue du 8 mai 1945 ne soit pas une rue traversante et pas seulement une rue apaisée.

▶︎ Quartier Sud-Est d’Amiens : une longue tradition d’implication citoyenne
En 1970 le quartier comprend certes déjà des lotissements et des immeubles, mais on est loin de l’aménagement et du nombre d’habitants que l’on observe aujourd’hui. Le quartier, alors en chantier, est une Zone à Urbaniser par Priorité (ZUP), c’est-à-dire un espace identifié par les pouvoirs publics comme devant accueillir les constructions massives d’équipements et de logements, en particulier pour accueillir les classes populaires.
Pendant la construction du quartier Rollin (photos) https://archiwebture.citedelarchitecture.fr/ark:/43435/1009285/img:SV-05-11-18-03
Pour accompagner ce chantier, une trentaine d’habitants, animés par M. Ostertag, créent l’association « Amiens-Sud » avec pour objectif la mise en place d’activités sociales, culturelles ou sportives, et assurer la représentation de la population auprès des organismes compétents (municipalité mais aussi la SED-SOMME – Société d’Etudes et d’Equipement de la Somme –, aux commandes de l’aménagement du quartier.
À la fin des années 70, « Amiens-Sud » deviendra « comité de quartier » : une structure alors informelle qui centrera son action sur les questions d’aménagement – circulation, espaces verts… – et le développement de services, sociaux notamment. Michel Oudin en assurera le pilotage pendant de nombreuses années.
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Mieux vivre dans les quartiers SE d’Amiens : l’opération Accadie
C’est durant cette période, et plus précisément entre 1985 et 1989, que s’est jouée l’importante opération « Mieux vivre dans les quartiers sud-est » – appelée aussi opération Accadie – du nom du cabinet-conseil qui a accompagné le Comité de quartier dans ses réflexions en 1985 et 1986.
Née d’une opposition des habitants à la construction d’un nouvel immeuble, cette opération a transformé le conflit en collaboration féconde avec la municipalité. Les différentes actions menées dans ce cadre ont cimenté l’attachement de nombreux habitants à leur quartier.
Le comité de quartier n’a cessé, depuis, de susciter ou infléchir des projets d’aménagement ou d’entretien.
les bienfaits d’une concertation pour sortir de la crise (1985-86 ; 1986-89)
Les habitants, rassemblés dans ce 1er comité de quartier, s’opposèrent, en 1985, à la construction d’un immeuble de sept étages sur l’îlot central de la ZUP sud-est, sur une parcelle appelée « le haricot » à cause de la forme donnée par la voirie.
Contrairement à ce que prétendaient certains élus à l’époque, ils ne s’opposaient pas à l’arrivée de nouvelles populations. En revanche, leur pratique du quartier leur avait fait mesurer le risque qu’on prenait en concentrant des barres d’habitation de part et d’autre de l’allée des Rencontres, que le projet d’aménagement voulait en outre fermer dans sa partie sud par une « cour urbaine ». On était autour de 1985, et des difficultés dans les relations sociales apparaissaient déjà à cause de la densité de population.
La municipalité défendait un projet de construction pour des raisons d’équilibre budgétaire de la ZUP : l’argument était recevable. La municipalité avait ce terrain disponible et voulait aller vite : le promoteur (organisme paramunicipal) a engagé l’opération et les pièces d’une grue ont été amenés sur le site. Cet acte a avivé et, d’une certaine façon, organisé la protestation : pas seulement de la part des riverains, mais aussi de tous les secteurs du quartier.
Deux évènements ont alors influencé le cours des choses :
– lors de la présentation du projet aux membres du comité de quartier par l’adjoint à l’urbanisme, accompagné de l’architecte, ce dernier a commis une « bévue » : des erreurs d’orientation sur les plans, repérées par une riveraine, ont gâché en quelques instants les mérites de la cour urbaine tant vantée… La « rigolade » les a amenés à devoir quitter
les lieux ;
– la proposition, venant d’autres élus de la majorité, de faire accompagner la réflexion des habitants « protestataires » du quartier par un cabinet spécialisé dans l’urbanisme et la participation citoyenne.
En quelques jours, un petit budget est mobilisé et le bureau d’études Accadie est missionné par la municipalité.
Son rôle était de contribuer à l’organisation du travail collectif, d’aider les habitants à analyser le fonctionnement du quartier au travers de son histoire, repérer les fonctions manquantes, d’identifier les terrains susceptibles d’accueillir des habitations.
Surtout, sa fonction a été d’organiser le travail collectif : mise en place de groupes de travail, animation, préparation de documents, rédaction de synthèses, etc.
Environ 140 personnes ont participé aux travaux, qui se sont déroulés pendant quelques mois.
La MJC sud-est a apporté un important concours logistique.
Pendant ce temps, l’herbe poussait sur le « haricot », enfouissant les tronçons de grue…
Faut-il rappeler que c’est dans le cadre de ces travaux que l’idée d’un marché a été avancée, à l’intersection des trois composantes fondamentales du quartier qui avaient été identifiées ? (La partie pavillonnaire du Québec, la « banlieue traditionnelle » du secteur Condorcet-Philéas, l’ilot central moderne de l’allée des Rencontres). Proposé à l’intersection des rues Descartes et Rollin, le marché verra le jour Place Görlitz.
D’autres propositions ont été avancées. Sur le haricot ? Une maison d’accueil de personnes âgées, en bordure de la parcelle : l’intergénérationnel apparaissait déjà comme un élément structurant du « Vivre ensemble ». Ailleurs, la confirmation du besoin d’une médiathèque ; ici ou là, des jeux pour enfants ; et toujours, pourquoi pas, des logements.
Les résultats de l’étude ont été présentés aux élus, lors d’une réunion dans le quartier. Ils n’ont pas suscité de grandes réactions en direct.
Mais quelques semaines après, les éléments de la grue étaient enlevés. Et surtout, au cœur de l’été, une première lettre de la municipalité arrivait au comité de quartier : « Une enveloppe de 400 000 francs a été affectée à l’aménagement du haricot en espace vert et espace de jeux pour les enfants : pouvez-vous nous faire des propositions sur le type d’aménagement et
d’équipement à mettre en œuvre ? ». La commission s’est mise au travail.
Quelques mois plus tard, le comité était sollicité pour proposer l’aménagement de l’axe Rollin Prague et de la place Görlitz. Des crédits étaient disponibles pour cela, mais plus que des crédits, ce sont les services municipaux qui ont été mis à la disposition des habitants. Ceux-ci ont ainsi pu pour définir l’aménagement de la place et la sécurisation des piétons, tant sur la place que rue de Prague et rue Rollin. Ainsi, des habitants ont fait des comptages de piétons, repérant ainsi les lieux pratiqués. Les parents d’élèves de l’école Rostand ont, avec les conseils des spécialistes, dessiné les premières esquisses, avec leurs crayons de couleur ! Les esquisses sont devenues des plans et l’aménagement a vu le jour, tel que nous le connaissons maintenant.
Les aléas de la vie politique n’ont, hélas, pas permis de poursuivre cette démarche originale de coconstruction, aboutissement d’un lent et patient travail de concertation.
Le comité de quartier, devenu association membre de l’Union des Comités de Quartiers http://www.ucq-amiens.org/ en 1990, n’a cessé néanmoins de se mobiliser, en lien avec les habitants et les associations, pour faire naitre et accompagner des projets d’aménagement.

Mme Velcin, comptant les traversées de piétons pour définir l’emplacement des « passages « cloutés »
